Pourquoi ce sujet ?

Interrogations générales De la clinique au social

Depuis trois ans, les histoires douloureuses de mes patientes sont devenues une telle préoccupation que j'ai décidé de leur consacrer mon travail de réflexion. Mes recherches ont abouti à la conclusion suivante : les femmes actives ne peuvent plus continuer à tenir dans ces conditions. Le travail ne semble jamais jouer un rôle neutre dans leur épanouissement. Le temps que les femmes consacrent à la croissance économique et démographique de notre pays n'est ni reconnu, ni comptabilisé, il n’est donc, naturellement, pas récompensé. Cela pose problème à la fois au niveau des critères d’évaluation de la productivité des femmes, mais aussi au niveau plus personnel qui leur donne un sentiment très fort de l’ingratitude de la société à leur égard. Globalement, le statut injuste des femmes dans de nombreux domaines m’a paru expliquer en grande partie ce que j’observe aujourd’hui dans une consultation de psychiatrie. Les responsabilités professionnelles, tout en étant garantes de leur autonomie, sont assez souvent à l’origine de troubles psychiques importants, puisque la parité n'est pas conçue dans sa globalité. D’ailleurs une étude récente (INVS 09) montre que, plus les femmes sont diplômées, plus elles consomment d’alcool et elles en abusent d’autant plus qu’elles ont des responsabilités manageriales. Cela amène forcément quelques questions cruciales, restées sans réponses à ce jour :

  • Pourquoi, alors que nous revendiquons la parité professionnelle, l’accès à de hautes responsabilités peut-il être à risque pour certaines femmes ?
  • Où se trouve aujourd’hui dans des sociétés comme la nôtre, le véritable équilibre entre une carrière professionnelle satisfaisante et une vie familiale harmonieuse pour les femmes ?
  • Comment les femmes peuvent-elles accéder aux responsabilités sans que cela soit anxiogène ou, pour le dire autrement, sans qu'une promotion les confronte systématiquement au dilemme du choix entre vie privée et vie professionnelle ?
  • Comment prévenir le pire ?
  • Pourquoi aucune mesure collective n'est envisagée pour un bon usage de la parité, que ce soit au niveau des organisations professionnelles proprement dites ou au niveau sociétal ?
  • Pourquoi notre société moderne ne pense-t-elle pas la parité dans sa globalité, c'est-à-dire en organisant et en valorisant la répartition des tâches sans discrimination ni de l’homme ni de la femme ?

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