Contexte de la santé mentale des femmes au travail en 09

Quelques chiffres La santé psychique au travail

Il sont alarmants !

Le contexte s'analyse à partir des constats cliniques, mais aussi sur les rares études psycho-sociologiques menées dans les années 80 au Canada et en Europe du Nord. Des données récentes devraient attirer l’attention des responsables afin d'initier un travail global pour trouver des solutions collectives rapides et efficaces avant d’atteindre le pire.

Ainsi, d’après les premiers résultats du programme Samotrace (1), le «mal être» s’avère fréquent parmi les salariés, mais il prédomine chez les femmes (37 % versus 24 % chez les hommes) quel que soit le secteur ou la catégorie professionnelle. Les femmes semblent aussi plus exposées aux faibles récompenses et au sur-investissement au travail. D’autre part les auteurs estiment que les tentatives de suicide y sont plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes (6,9 % versus 3,1 %).

Le comportement des femmes en termes de consommation de toxiques est en train de converger avec celui des hommes. Cet aspect est bien connu pour le tabac, il l'est moins pour les autres substances. D’après le baromètre santé de l’INPES de 2005, 9,7 % des femmes de 18 à 64 ans boivent régulièrement de l'alcool. Chez les hommes les plus instruits, la consommation régulière est plus rare que chez les femmes diplômées.

En effet, d’après une autre étude menée en 2006 auprès de salariés en Midi-Pyrénées, du fait de raisons professionnelles, 20% d’entre eux consommeraient des produits dans le but de se doper. Ce comportement est retrouvé chez les hommes qui consomment plus d’alcool, et chez les femmes qui consomment plus de médicaments. Néanmoins, les résultats montrent que les femmes consomment de plus en plus d’alcool lorsqu’elles exercent des fonctions managériales (2).

Aujourd'hui, plus de 82% des femmes travaillent, mais elles assument à côté de cela plus de 80% des responsabilités domestiques. Cette double responsabilité constitue un facteur évident de souffrance. Il pourrait être à l'origine de nouveaux troubles psychologiques dont la compréhension et la prévention sont indispensables pour prévenir le pire : la maladie chronique ou la décompensation aigue grave comme les tentatives de suicides, les désorganisations sociales et familiales.

La persistance de l’inégalité de traitement dans le monde professionnel et le manque de reconnaissance, comme en témoigne le rapport récent et accablant de Brigitte Gresy, semble être un des facteurs supplémentaires de risque des troubles évoqués plus haut.

(1) Programme mené par l’INVS en mai 2007 auprès de 6 056 salariés, en régions Centre, Pays de la Loire et Poitou-Charentes.

(2) La place de la médecine du travail M Balette, La lettre du psychiatre Vol V, N° 12, p 13. Citée Etude Lapeyre Mestre M. Étude pharmaco-épidémiologique sur la consommation des psychotropes en Midi Pyrénées en 2006. In Travail et sécurité INRS.

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